Quelle est la différence entre fantasy, fantastique et science-fiction ?
Dans la littérature et l’édition françaises, on regroupe sous le nom de « littératures de l’imaginaire » la science-fiction, la fantasy et le fantastique (souvent abrégées en SFFF).
Ces trois piliers possèdent des définitions larges, avec de nombreuses limites et cas particuliers.
Explorons-les ensemble et, à la fin de cet article, tu sauras les différencier et classifier ton roman.
Comment les différencier ?
Si un chat te parle…
En fiction, si un chat parle à un personnage, on est en imaginaire, pas de doutes. Mais, selon la raison derrière cette capacité à parler, on se situe dans un genre de l’imaginaire différent :
Si un chat te parle, parce qu’il a été modifié génétiquement / parce qu’il est à moitié-automate / parce qu’il s’agit d’une évolution biologique de ses facultés vocales, bref si l’explication est explicable scientifiquement (dans ton univers), on est en science-fiction.
Si un chat te parle et que, dans les règles de ton univers, c’est normal, que personne ne s’en étonne et que cette capacité est liée à un phénomène irrationnel (métamorphose, magie…), on est en fantasy.
Si un chat te parle, mais que ce n’est pas normal, que tu crois être en pleine hallucination ou dans un cauchemar, que tu ne sais plus différencier le réel de l’imaginaire, on est donc dans le fantastique.
La parabole du chat est une méthode simplifiée mais efficace pour comprendre la différence entre les différents genres de l’imaginaire. Pourtant, il existe des cas particuliers :
Quid du steampunk ?
Pour simplifier la catégorisation des genres de l’imaginaire, le steampunk (avec ses dérivés, type cyberpunk ou solarpunk) tend le plus souvent à être rattaché à la science-fiction, notamment pour ses explorations technologiques.
Cependant, ce genre possède des caractéristiques beaucoup plus précises et développées que ne l’aurait un sous-genre ou une simple esthétique.
En steampunk, on se place dans un univers rétrofuturiste : et si le progrès technologique était arrivé plus tôt dans l’Histoire ? Des technologiques que l’on associe au futur sont élaborées autour de la révolution industrielle (des robots, des ordinateurs…).
Le steampunk possède une multitude de sous-genres, à mi- chemin avec d’autres genres (la fantasy, l’horreur, l’histoire…).
Même s’ils n’est pas nommé comme un des piliers de l’imaginaire, le steampunk est assez singulier pour être considéré comme un genre de l’imaginaire à part entière.
Des piliers de l’imaginaire aux nombreux sous-genres
Dans cette partie, je reprends les définitions d’Apophis dans son livre Guide des genres et sous-genres de l’imaginaire. Je vous en recommande vivement la lecture si vous souhaitez approfondir le sujet.
La science-fiction
La science-fiction base son univers sur la science et peut se dérouler, tant dans notre monde que dans un monde imaginaire.
Parmi ces sous-genres, on retrouve :
-
- Le space opera (une science-fiction à dimension épique, proche de la fantasy par la grandeur de son univers, ses créatures…),
- L’anticipation (une vision du futur influencée par les évolutions scientifiques ou technologiques),
- La dystopie (un monde futuriste qui a mal tourné, notamment pour des raisons sociales ou politiques),
- La hard sf (un univers fictif mais aussi réaliste que possible par sa connaissance et son respect des lois de la Nature, de la physique et autres sciences dures),
- Le cyberpunk (un futur ultra technologique, dans lequel l’humain a été déshumanisé face à l’omniprésence du numérique, de l’intelligence artificielle).
- L’uchronie (un monde où l’Histoire a pris un autre tournant à partir d’un évènement qui ne s’est pas produit, ou différemment).
La fantasy
La fantasy possède un univers irrationnel où le surnaturel, le merveilleux sont prédominants et influent sur la vie des personnages. Le surnaturel est connu et accepté comme réel dans cet univers.
Parmi ces nombreux sous-genres, on retrouve :
-
- L’heroic fantasy (une figure héroïque avec de grandes capacités, qui combat pour lui-même et ses valeurs),
- La high fantasy (un groupe du Bien combattant les forces du Mal, dans un cadre épique et avec des valeurs morales positives),
- La dark fantasy (des personnages moralement gris où protagonistes et antagonistes se distinguent peu, dans une ambiance sombre, violente, voire proche de l’horreur),
- La fantasy historique (très difficile à définir, elle va d’éléments surnaturels ajoutés à un récit historique à un monde imaginaire fortement inspiré par une période historique),
- La light fantasy (un ton léger et décalé voire absurde, avec souvent un fond de critique socio-politique),
- La gaslamp fantasy (un mélange de fantasy et de steampunk, sans uchronie, où le surnaturel a davantage de place que le rétrofuturisme),
- La fantasy politique (centrée sur les grandes manœuvres politiques et connue surtout pour ses récits d’intrigues de cour),
- La hard fantasy (un monde imaginaire rendu plus vraisemblable, avec des systèmes politiques/magiques très développés).
Le fantastique
Le fantastique met en tension la notion de réel et d’irréel. Les personnages sont confrontés à des phénomènes irrationnels, inexpliqués et qui entrainent des doutes, de la terreur, voire de la folie.
Ce genre, assez spécifique à la littérature francophone, ne possède pas vraiment de sous-genre. Néanmoins, on y affilie d’autres genres : le gothique, la low fantasy, le réalisme magique, et même l’horreur ou l’urban fantasy.
Le cas de l’urban fantasy et de la low fantasy
L’urban fantasy, littéralement c’est la fantasy dans un cadre urbain, autant dans un monde imaginaire… que dans notre monde ! Du surnaturel, des créatures imaginaires, voire de la magie s’y développent mais restent cachés aux yeux du tout-venant. À la différence du fantastique, la découverte du surnaturel ne suscite pas la peur ou le doute.
En low fantasy, l’histoire se passe dans notre monde (aussi) et les évènements surnaturels n’ont pas d’explication. Le plus souvent, notre monde communique avec un monde imaginaire. Dans la classification francophone, la low fantasy correspond davantage à la définition du fantastique et de ses déclinaisons (le réalisme magique, le gothique).
Mélanger les genres de l’imaginaire ?
Toutes ces définitions posent un cadre qui permet de comprendre la très grande diversité des genres de l’imaginaire, de leurs tons, de leurs caractéristiques.
Quand on écrit, il n’est pas tant question de correspondre en tout point à un genre spécifique, mais d’explorer ces possibles. D’ailleurs, les histoires qui se démarquent sont généralement des hybridations de plusieurs genres et sous-genres :
Exemple : la saga Star Wars relève autant du space opera que de la fantasy épique.
L’imaginaire est un univers vaste, où tout est possible. Alors explore ses terres et crée sans limite !
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